Ces compagnons d'Emmaüs devenus photographes

Quand un projet photo transforme des compagnons d'Emmaüs en véritables photographes et leur offre de nouvelles perspectives. Ali, Os...


Quand un projet photo transforme des compagnons d'Emmaüs en véritables photographes et leur offre de nouvelles perspectives. Ali, Osmane et Brahim se définissent désormais comme photographes. Retours d'expérience sous fond de reportages photos qu'ils ont assurés entièrement sur le festival Compagnons d'encre de la communauté Emmaüs de Scherwiller. 

Ali, Osmane et Brahim faisaient partie des 7 compagnons de la communauté de Scherwiller à avoir participé au projet photo, soutenu par la Fondation Abbé Pierre, "Le Grand Dérangement" dont l'exposition était au coeur du festival Compagnons d'encre de Scherwiller les 7 et 8 septembre derniers.

Avant remonter aux sources de cette singulière initiative de formation, nous vous invitons à découvrir l'impact qu'elle a eu sur 3 des premiers concernés. Si aucun n'imaginait pouvoir apprendre la photo en France, tous se considèrent désormais photographes. Et l'exposition de leurs travaux leur donne raison.



Pour enfoncer le clou de leurs nouvelles compétences, Brahim et Ali ont entièrement couvert le festival pour en saisir toute la vie. L'occasion également pour eux de nous concocter une galerie de portraits live de compagnons, de salariés et de bénévoles de la communauté.





Promouvoir l'image de l'Abbé Pierre


Marie-Thérèse Koehler est la vice-présidente de la communauté Emmaüs de Scherwiller. Elle rappelle le souci constant qu'elle a d'entretenir la mémoire de l'Abbé et l'héritage de ses valeurs, notamment auprès des plus jeunes.



"Pour moi l'Abbé Pierre est un grand symbole"


Jubs fait partie de la quinzaine de tatoueurs professionnels qui étaient présents au festival. Il nous explique pourquoi "c'est la balle" de participer à l'événement. 

"Pour moi l'Abbé Pierre est un grand symbole. Ça ramène à toute cette époque-là des années 90 avec Coluche et tout ces gens-là qui ont fait beaucoup pour le social en France. Et qui ont bousculé les gens. 

Je pense que si les choses ont changé, que les gens aujourd'hui sont un peu plus individualistes, c'est peut-être parce ce qu'on n'a plus de personnes comme ça qui avaient de grands principes et de grandes valeurs sociales."

Rappelons que l'ensemble des tatoueurs présents ont intégralement reversé leurs recettes à Emmaüs et ont tatoué gracieusement les compagnons qui le souhaitaient. Comme Tibi à la fin de la vidéo ci-dessous.




Ouvrir le champs artistique aux compagnons, mais aussi au public d'Emmaüs

Gwen Bertholet, de Kapta Audiovisuel, assurait les retransmissions des conférences. Il fait partie du collectif M33. Ce même collectif dont est issu Dominique Pichard co-organisateur du festival avec Emmaüs où il était initialement en simple résidence d'artiste photo.

Gwen revient sur la mutation d'une collaboration qui a engendré tout un festival, avec 6 concerts, une douzaine d'exposants, des ventes à thèmes, des conférences... Un festival qui procède d'une réelle volonté d'Axel Nabli, le directeur d'Emmaüs Scherwiller "d'ouvrir le champs artistique aux compagnons mais aussi au public d'Emmaüs"



A la découverte du "Grand Dérangement"

C'est à Dominique Pichard et à Axel Nabli que l'on doit l'origine du festival. Le photographe est entré à Emmaüs via une résidence d'artiste, en décembre dernier, pour le projet "Le Grand Dérangement" qui a conduit à l'organisation de "Compagnons d'encre".

Il nous explique, avec Ali, Osmane et Brahim, 3 des 7 compagnons qu'il a initiés et formés à la photo, les tenants et les aboutissants d'une aventure qui aura construit de nouveaux savoir-faire et de nouvelles expertises chez les compagnons. 


Le meilleur pour la fin : découvrez (enfin) une partie de la riche exposition photos, aboutissement du projet "Le Grand Dérangement".

Marie-Thérèse Koehler, vice-présidente de la communauté Emmaüs de Scherwiller, nous explique en voix off sur le diaporama le contexte du projet photos, ancré dans une transition de la communauté en plein travaux de (ré)aménagement.

Elle revient sur le trépied de la communauté (compagnons - salariés - bénévoles) et sur l'importance de la culture et de la formation pour l'émancipation des compagnons. 




Moi Robin, compagnon d'Emmaüs


Une communauté Emmaüs est faite avant tout de compagnons. "Avec chacun son histoire", confie Robin, d'un naturel souriant. Celui qui vient de toute juste de souffler ses 24 bougies était le plus jeune de la communauté quand il y est entré voici presque 4 ans.  

Après un parcours d'errance, il estime avoir eu de la chance et témoigne avoir trouvé une stabilité au sein des compagnons. "Si je n'étais pas chez Emmaüs je serais à la rue". 



"Le projet rejoint pleinement les enjeux stratégiques de la Fondation Abbé Pierre"
Frédérique Kaba, directrice des missions sociales de la Fondation Abbé Pierre qui a soutenu le projet.

Frédérique Kaba met l'accent sur 3 points de cohérence fondamentaux :
  1. La participation des personnes. Car le projet donne les moyens à des personnes marginalisées le pouvoir de s'exprimer.
  2. Les enjeux de réseau : "Ce festival est la mise en réseau d'individus, de citoyens, de professionnels, d'acteurs de la communauté Emmaüs qui vont pouvoir échanger, s'entraider et créer des formes de solidarités renouvelées par le biais et par le levier de l'expression artistique et culturelle"
  3. Les enjeux de visibilité. Avec la nécessité de garder à l'esprit que mettre en lumière la force et l'impact des actions menées prend du temps. Mais cela reste "essentiel pour lever les représentations et lutter efficacement contre les discriminations". 

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